Face au climat : le Sénégal construit son cadre d’action commun

30 août 2025

Le changement climatique est une réalité que les communautés africaines vivent au quotidien : sécheresses répétées, inondations, dégradation des terres, insécurité alimentaire. Pourtant, moins de 10 % des financements climatiques mondiaux atteignent réellement les populations locales. Entre les engagements internationaux et les réalités du terrain, le fossé reste immense.

Au Sénégal, de nombreux acteurs institutions publiques, organisations de la société civile, collectivités territoriales, partenaires techniques et financiers s’engagent sur le terrain de l’adaptation climatique. Mais ces efforts restent trop souvent cloisonnés, redondants, insuffisamment coordonnés. Le résultat : des ressources gaspillées, des communautés mal desservies, et des décideurs privés d’une vision d’ensemble pour orienter leurs politiques.

Briser les silos, construire ensemble

C’est pour répondre à ce défi que l’ONG IED Afrique a organisé, en août 2025, un atelier national multi-acteurs consacré à la mise en place d’un cadre collaboratif autour de l’action climatique locale. Pendant deux jours, une trentaine de représentants d’horizons très divers ont échangé sans détour sur les leçons des expériences passées et la forme que pourrait prendre une dynamique unitaire durable.

Quatre modèles sur la table

Les discussions ont exploré quatre formes possibles de collaboration :

  • Une plateforme nationale redynamisée, avec un ancrage institutionnel fort auprès des ministères
  • Un consortium informel d’acteurs du climat, souple et égalitaire, sans bureau fixe
  • Un agenda harmonisé, outil léger de coordination entre organisations
  • Une communauté de pratiques, centrée sur le partage de connaissances et d’expériences

Le consensus qui se dégage est clair : quel que soit le modèle retenu, il devra être souple, inclusif, ancré dans les réalités territoriales et ne pas s’éteindre dès que les financements de projet s’arrêtent. Les participants ont insisté sur la nécessité de tirer les leçons des plateformes antérieures qui n’ont pas tenu dans la durée.

Un engagement politique encourageant

L’atelier a bénéficié d’un portage politique fort. Le député Samba DANG, Président du Réseau des parlementaires pour l’environnement (RePES), a présidé les travaux et réaffirmé la disponibilité du Parlement à créer un cadre législatif favorable, notamment dans la perspective d’une proposition de loi sur le Climat. Les représentants des ministères de l’Environnement et des Collectivités territoriales ont également exprimé leur soutien à une dynamique unitaire.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes sont définies : cartographier les cadres existants, organiser une réunion de coconstruction avec toutes les parties prenantes, et renforcer ce cadre avec d’autres acteurs pertinents.