Les accords climatiques internationaux se multiplient. Les engagements se prennent dans les grandes conférences mondiales. Pourtant, sur le terrain, dans les villages d’Afrique, d’Asie du Sud ou d’Amérique latine, le fossé entre ce qui est su et ce qui est fait reste immense. Comment transformer la connaissance en action concrète pour les communautés les plus vulnérables ? C’est la question au cœur de l’initiative « Activer le Changement », qui soutient huit projets d’adaptation menée localement dans 19 pays.
En février 2025, les équipes de ces projets se sont retrouvées à Arusha, en Tanzanie, pour quatre jours d’échanges, de remise en question et de construction collective. IED Afrique y était représentée à travers le projet DEFOCLIM, contribuant à ces débats depuis l’expérience sénégalaise.
Le constat partagé dès l’ouverture était sans détour : les connaissances sur le changement climatique existent, mais elles ne se traduisent pas assez en actions. Les communautés locales restent trop souvent en dehors des processus de décision, les financements climatiques peinent à les atteindre, et les projets sont fréquemment conçus « pour » les populations plutôt que « avec » et « par » elles. L’atelier a posé une distinction essentielle : il ne suffit pas de « mettre en œuvre localement ». Il faut que ce soit « mené localement », c’est-à-dire que les communautés définissent elles-mêmes ce que le changement signifie
Sur le terrain, des solutions concrètes
Une visite de terrain près d’Arusha a illustré ces enjeux de manière vivante. L’Association communautaire de gestion de l’eau DOMIKWA gère ses ressources hydriques avec une gouvernance inclusive les femmes occupent des postes de direction dans un ratio formalisé, les membres vulnérables sont soutenu·e·s. Une entreprise horticole locale présente des semences résistantes à la sécheresse et des techniques agricoles durables. Des exemples concrets de ce que l’adaptation menée localement peut produire quand les conditions sont réunies.
La participation de DEFOCLIM à cet atelier a permis de partager les leçons de l’expérience sénégalaise avec des équipes travaillant au Kenya, en Ouganda, en Éthiopie, au Burkina Faso, en Amérique latine et en Asie du Sud. Les approches développées autour du mécanisme DFC — gouvernance inclusive, financement décentralisé, implication des communautés dès la planification résonnent bien au-delà du Sénégal. Elles contribuent à construire, collectivement, un modèle d’adaptation qui place enfin les communautés au cœur du changement pour elles.